Au-delà de Miyajima et du parc de la Paix, la préfecture de Hiroshima regorge de petites villes, d’îles tranquilles et de recoins obscurs que la plupart des visiteurs manquent entièrement. La ville-temple de coteau d’Onomichi est la muse des cinéastes japonais depuis un siècle. Le port de l’ère Edo de Tomonoura a inspiré le Studio Ghibli. Le port de geishas du XVIIIe siècle de Mitarai figure à peine sur la carte touristique étrangère. L’île d’art d’Ikuchijima attire les voyageurs japonais mais peu d’occidentaux. Ce guide est pour la deuxième ou troisième visite à Hiroshima — ou pour la première visite si vous voulez la version moins fréquentée.
Onomichi (尾道) — la ville-temple de coteau
Onomichi est une petite ville à l’est de Hiroshima bâtie sur la pente entre montagne et mer, avec vingt-cinq temples disposés le long du coteau et un réseau de ruelles pavées les reliant. C’est un lieu de prédilection du cinéma japonais depuis les années 1950 — le « Voyage à Tokyo » de Yasujiro Ozu commence ici — et la ville conserve une atmosphère du début de l’ère Showa exceptionnellement préservée.
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La promenade des temples (古寺巡り)
Un parcours de promenade balisé de 2,5 km à travers vingt-cinq temples le long du coteau. Points forts :
- Temple Senkoji (千光寺) — le temple au bord de la falaise avec des vues panoramiques, atteint par téléphérique ou 30 min de marche
- Temple Saikoji — un petit temple de montagne atmosphérique avec des bouddhas de pierre
- Temple Tennei-ji — la célèbre pagode à trois étages souvent photographiée sur fond de port
- Temple Jodoji — salle principale classée Trésor national de 1327, avec architecture d’origine de la période Kamakura
La ruelle des chats (猫の細道)
Une ruelle à marches de 200 mètres courant le long du coteau, décorée de pierres peintes de « chats porte-bonheur » placées par l’artiste local Shunji Sonoyama. De vrais chats — généralement 5 à 10 — lézardent le long du parcours. La ruelle relie plusieurs galeries, librairies d’occasion et petits cafés.
Où manger & boire
- Ramen d’Onomichi — l’autre ramen régional de Hiroshima, avec un bouillon à base de soja et une surface de gras de dos de porc. Tsutafuji est la boutique la plus célèbre ; des files se forment au déjeuner.
- Common Cafe au port — entrepôt reconverti, excellente halte café de base cycliste
- Sajiki — menu dégustation japonais moderne dans une machiya traditionnelle rénovée
S’y rendre
- Depuis Hiroshima : 90 min en JR (1 490 ¥ l’aller)
- Depuis Fukuyama (Shinkansen) : 20 min en JR
- Séjour : idéal en excursion, ou une nuit pour absorber la lumière matinale sur le port
Tomonoura (鞆の浦) — le port Ghibli
Le petit port de pêche de Tomonoura sur la mer intérieure aurait été la principale inspiration visuelle de « Ponyo » du Studio Ghibli. Le port historique — avec son phare de pierre (joyato), ses entrepôts de l’époque d’Edo et sa baie protégée — accueille des navires depuis le VIIe siècle et fut le décor de plusieurs crises politiques de l’ère des samouraïs.
Points forts
- Phare Joyato — un phare-lanterne de pierre construit en 1859, toujours fonctionnel, la pièce maîtresse du port
- Musée Iroha-maru — petit musée dédié au naufrage de 1867 du navire de Sakamoto Ryoma juste au large de Tomonoura
- Temple Fukuzenji — salle de réception de l’époque d’Edo avec des vues jumelées en tatami sur les îles, utilisée pour recevoir les missions diplomatiques coréennes
- Île de Sensui-jima — ferry de 5 minutes depuis le port de Tomonoura, avec randonnée et plages
Visites atmosphériques
Les marches de pierre et les entrepôts de l’époque d’Edo du port sont particulièrement évocateurs au lever du soleil ou juste avant le coucher. La principale période touristique est 10h00-15h00 ; arrivez plus tôt ou plus tard pour le calme.
S’y rendre
- Depuis Hiroshima : Shinkansen jusqu’à Fukuyama (20 min), puis bus Tomotetsu n°5 depuis la gare de Fukuyama jusqu’à Tomonoura (30 min)
- Séjour : une petite poignée de ryokan dans le port — dont le célèbre Migiwatei Ochi Kochi avec front de mer privé
Mitarai (御手洗) — le port de geishas oublié
Sur l’île d’Osakikamijima, le village de Mitarai fut l’un des grands ports commerciaux de l’époque d’Edo — une escale pour les navires attendant des marées favorables, avec des maisons closes, des maisons de geishas et des entrepôts de marchands se pressant sur le front de mer. Sa préservation est remarquable ; des rues entières conservent leur apparence des XVIIIe et XIXe siècles.
Points forts
- Wakaebisuya — maison de geishas du XVIIe siècle, aujourd’hui un petit musée
- Otomeza — le plus ancien bâtiment de théâtre encore debout du Japon (1937, sur le site de l’original de 1858)
- Rue commerçante rétro de Mitarai — ruelles étroites d’anciennes apothicaireries, d’ateliers de tatami et de devantures aux enseignes anciennes
- Tour de la cloche des marées — tour de signal côtier de 1830
S’y rendre
C’est le site significatif le plus reculé de la préfecture.
- Route 1 : depuis la gare de Hiroshima, Shinkansen jusqu’à Mihara (15 min), puis combinaison bus + ferry (90 min)
- Route 2 : via le Shimanami Kaido — Mitarai est accessible depuis Ikuchijima en ferry
- Excursion : possible mais longue ; envisagez une nuit dans l’une des minuscules auberges de Mitarai
Ikuchijima (生口島) — l’île d’art
La troisième île le long du Shimanami Kaido est aussi la destination d’art discrète de Hiroshima. Des vergers de citronniers couvrent les collines ; de petits musées et des installations de sculpture en plein air ponctuent l’itinéraire à vélo.
Temple Kosanji (耕三寺)
Un extraordinaire complexe religieux bâti par un riche industriel (Kosanji Kozo) sur trente ans en l’honneur de sa mère. Les structures du temple sont des recréations grandeur nature d’architectures japonaises célèbres — sa salle principale imite le Pavillon du Phénix du Byodo-in, d’autres bâtiments reproduisent le Tosho-gu de Nikko, et un jardin de sculptures en marbre italien de 5 000 mètres carrés appelé la Colline de l’Espoir se trouve derrière. Les critiques le qualifient de kitsch ; de nombreux visiteurs le trouvent étrangement émouvant.
- Coût : 1 400 ¥
- Prévoyez : 2 heures
La Colline de l’Espoir de Setoda (未来心の丘)
Le jardin de sculptures en marbre derrière Kosanji — entièrement sculpté dans du marbre de Carrare italien importé — est l’une des installations d’art contemporain les plus photographiées de l’ouest du Japon.
Musée Hirayama Ikuo
Dédié à l’œuvre de l’artiste Hirayama Ikuo, né à Setoda, connu pour ses peintures sur le thème de la route de la soie.
Où loger
Azumi Setoda — ryokan de haut design dans un entrepôt historique reconverti sur le front de mer. Souvent décrit comme le meilleur séjour de luxe le long du Shimanami Kaido.
Akiota & les montagnes du nord
Le nord montagneux de la préfecture a moins d’attractions nommées mais plus de campagne ininterrompue.
- Gorge de Sandankyo — couverte dans notre guide Nature
- Station de ski Geihoku Kokusai — petite mais véritable destination hivernale
- Kake-mori-no-yu — vallée thermale tranquille du nord de Hiroshima
- Mibu no Hanadaue — cérémonie de plantation du riz reconnue par l’UNESCO (début juin)
Saijo (西条) — ville de brassage du saké
La ville de Saijo, à 40 minutes à l’est de la ville de Hiroshima en train, est l’une des trois grandes régions de brassage du saké du Japon (aux côtés de Nada à Kobe et Fushimi à Kyoto). Huit brasseries se regroupent autour de la petite gare, plusieurs ouvertes pour des visites et dégustations gratuites.
- Meilleures brasseries à visiter : Kamoizumi, Hakubotan, Saijotsuru
- Coût : dégustations gratuites ou 500-1 000 ¥ par série
- Meilleur moment : le week-end du Festival du saké début octobre (foules énormes) ou n’importe quel jour de semaine pour des visites tranquilles
- Astuce : de nombreuses brasseries ferment 1 à 2 jours de semaine ; vérifiez avant d’y aller
Sites religieux moins connus
Temple Mitaki-dera (三瀧寺)
Un temple forestier au pied du mont Mitaki au nord de la ville de Hiroshima, avec trois cascades traversant l’enceinte. La pagode Tahoto, relocalisée ici en 1951 après avoir survécu au bombardement à un autre endroit, est exceptionnelle. Entrée gratuite ; atteinte par une combinaison tram 30 min + marche.
Temple Hofuku-ji (Fukuyama)
Un temple zen du XVe siècle à Fukuyama avec l’un des plus beaux petits jardins du Japon. Largement manqué par les touristes. Entrée gratuite.
Les sanctuaires intérieurs du sanctuaire Itsukushima
Le complexe principal du sanctuaire à Miyajima est bien connu, mais le sanctuaire Misen au sommet du mont Misen, et la salle Reikado avec sa flamme éternelle vieille de 1 200 ans, font partie du complexe d’Itsukushima que la plupart des visiteurs à la journée manquent entièrement.
Itinéraire de trois jours dans le Hiroshima caché
Jour 1 — Onomichi
- Matin : téléphérique de Senkoji + promenade des temples
- Déjeuner : ramen de Tsutafuji
- Après-midi : galeries de la ruelle des chats ; flânerie au port
- Soir : coucher de soleil au phare joyato ; nuit à Onomichi
Jour 2 — Shimanami Kaido + Ikuchijima
- Matin : vélo de location depuis Onomichi ; rouler jusqu’à Ikuchijima
- Déjeuner : restaurant du front de mer de Setoda
- Après-midi : temple Kosanji + Colline de l’Espoir
- Nuitée : Azumi Setoda (luxe) ou une maison d’hôtes de Setoda
Jour 3 — Mitarai ou Tomonoura
- Option A : ferry vers Osakikamijima pour Mitarai
- Option B : train de retour via Fukuyama pour Tomonoura
- Retour à Hiroshima le soir
Conseils pratiques
- Voiture de location : fortement recommandée pour Mitarai, Saijo et le nord de Hiroshima. Les combinaisons ferry+bus sont possibles mais lentes.
- Ferries : le réseau de ferries de la zone de Setouchi est dense mais les horaires s’espacent en hiver — vérifiez les heures à l’avance
- Informations en anglais : Tomonoura et Onomichi ont une signalétique en anglais raisonnable ; Mitarai et les zones rurales en ont très peu
- Espèces : les petites villes et restaurants ruraux n’acceptent souvent que les espèces. Retirez avant de quitter la ville de Hiroshima
- Combiner avec Shikoku : plusieurs de ces trésors cachés sont près du Shimanami Kaido — faciles à combiner avec un voyage à Imabari, Matsuyama ou la préfecture d’Ehime riche en onsen