La préfecture de Nara s’étend bien au sud de sa ville historique compacte, jusqu’à la vaste chaîne de montagnes de la péninsule de Kii — l’une des plus grandes étendues sauvages du Japon, classée au patrimoine mondial de l’UNESCO pour ses paysages de montagnes sacrées et ses anciens chemins de pèlerinage. Le monde naturel de la préfecture va d’une forêt urbaine vieille de 1 300 ans jamais exploitée à un paysage de 30 000 cerisiers célébré dans la poésie japonaise depuis le VIIIe siècle. Pour les voyageurs amateurs de nature, les deux tiers sud de la préfecture de Nara — largement inconnus hors du Japon — sont extraordinaires.
🌸 Le mont Yoshino — 30 000 cerisiers
Accès : ligne Kintetsu Yoshino jusqu’à la gare de Yoshino (env. 90 min d’Osaka Abeno-bashi, 90 min de la gare Kintetsu Nara via Kashihara-jingumae), puis téléphérique ou 20 min à pied jusqu’à la zone de cerisiers basse Meilleur timing : fin mars à mi-avril ; pic début avril (variable selon l’année) Hébergement : réservez décembre–janvier pour des séjours en avril — affiche complet des mois à l’avance
Yoshino est le lieu de cerisiers le plus célèbre du Japon. Environ 30 000 cerisiers — presque entièrement des cerisiers de Yoshino (Prunus × yedoensis) — sont plantés sur les pentes du mont Yoshino en quatre bandes distinctes désignées Shimo-senbon (basse), Naka-senbon (médiane), Kami-senbon (haute) et Oku-senbon (intérieure). Les arbres fleurissent progressivement des basses vers les hautes altitudes sur environ deux semaines, créant un spectacle en perpétuel changement.
Les quatre bandes :
- Shimo-senbon (basse) : la plus accessible, la plus fréquentée, fleurit en premier. L’accès du téléphérique à la rue commerçante principale de Yoshino traverse cette bande — magnifique mais bondée d’excursionnistes.
- Naka-senbon (médiane) : la principale zone d’observation autour du temple Chikurin-in et du sanctuaire Yoshimizu. La vue depuis l’enceinte du sanctuaire Yoshimizu vers la basse montagne — une mer de rose pâle sur des cèdres verts — est l’image classique de Yoshino. Cette bande est aussi bondée au pic de floraison.
- Kami-senbon (haute) : une marche de 30–40 minutes en montée depuis la rue principale, passant le temple Kinpusen-ji. La foule s’amincit nettement ici. Les arbres sont plus vieux et plus grands, créant un effet de canopée.
- Oku-senbon (intérieure) : 2 km plus loin au-delà de la zone haute, accessible en taxi ou à 1 heure de marche. Cette section — la forêt de montagne la plus profonde, la plus haute altitude, la dernière à fleurir — est là où Yoshino se révèle le plus pleinement. L’ampleur et le silence y sont sans commune mesure avec les zones basses. Beaucoup de visiteurs n’y parviennent jamais ; ceux qui le font la considèrent comme la plus belle expérience de cerisiers du Japon.
Conseil d’initié : passer la nuit sur le mont Yoshino transforme l’expérience. Après le dernier départ du téléphérique des excursionnistes (vers 17h00), le village se vide. La lumière matinale à travers les cerisiers avant 7h00, avec la brume s’élevant de la montagne, n’est accessible qu’à ceux qui dorment sur la montagne. Les auberges traditionnelles et ryokan de Yoshino vont du minshuku basique aux établissements raffinés — mais tous affichent complet des mois à l’avance pour les séjours d’avril.
🌲 La forêt primaire de Kasugayama — bosquet sacré UNESCO
Accès : marchez au nord-est depuis le Kasuga Taisha Honden (sanctuaire principal) — la forêt commence immédiatement derrière le sanctuaire Entrée : gratuite (sentier depuis le sanctuaire en accès libre) | Ouvert : heures de jour
La forêt primaire de Kasugayama est protégée comme terre sacrée du sanctuaire Kasuga Taisha depuis 768 apr. J.-C. — jamais exploitée, jamais défrichée, jamais cultivée depuis 1 250 ans. Le résultat est une forêt secondaire mûre de cèdre japonais (sugi), de cyprès hinoki et d’essences à feuilles larges qui représente ce qu’aurait été la couverture forestière originelle du bassin de Nara avant l’installation humaine.
La forêt couvre environ 250 hectares sur les collines directement derrière Kasuga Taisha et est inscrite dans le cadre du site du patrimoine mondial de l’UNESCO Monuments historiques de l’ancienne Nara. Un réseau de sentiers désignés parcourt la forêt, accessible depuis l’enceinte du sanctuaire. Le sentier principal continue jusqu’au sommet de Kasugayama et se connecte au système plus large de sentiers des hautes terres du Yamato.
Ce qui rend cette forêt distinctive : l’absence totale d’intervention humaine depuis plus de 12 siècles a produit une forêt d’une densité et d’un caractère inhabituels. Le sous-bois — mousse, fougères et arbustes tolérants à l’ombre — est intact. Les cerfs y passent en silence. L’atmosphère change nettement dès l’entrée : la température baisse, le son s’assourdit, la lumière devient filtrée et verte. C’est l’un des rares endroits du centre du Japon où l’on peut expérimenter ce que ressent une forêt ancienne.
Le sentier : depuis le Kasuga Taisha Honden (sanctuaire principal), suivez les panneaux vers Kasugayama jinja ou le sentier nature au nord-est. Le chemin monte doucement et est bien balisé. Un circuit de 45 minutes ramène à l’enceinte du sanctuaire sans revenir sur ses pas.
💧 La gorge de Mitarai — vasques émeraude et ponts suspendus
Accès : bus depuis la gare de Shimoichi-guchi (ligne Kintetsu Yoshino) — environ 40 min de la gare. Ou à combiner avec un séjour à Dorogawa Onsen (la gorge est à mi-chemin entre Shimoichi-guchi et Dorogawa). Meilleure saison : été (baignade en rivière, eau émeraude) et automne (feuillages intenses) Sentier : 8 km aller-retour, relativement plat, 2–3 heures
La gorge de Mitarai (みたらい渓谷) suit la rivière Mitarai à travers une gorge de pierre étroite dans les contreforts de Yoshino — un sentier de ponts suspendus, de formations rocheuses moussues, de cascades et de vasques cristallines dont l’eau vire à un vert émeraude saisissant dans les bonnes conditions de lumière. Ce n’est pas de la randonnée sauvage — le sentier est bien entretenu avec rambardes et plateformes d’observation — mais le paysage de la gorge est réellement spectaculaire.
Points forts le long du sentier :
- Cascade de Mitarai : directement accessible depuis le départ du sentier — une cascade de 30 mètres tombant dans une vasque prisée pour la baignade et la photo
- Ponts suspendus : trois ponts franchissent la gorge à différentes hauteurs ; le plus bas est au-dessus de la surface de l’eau, le plus haut donne une vue plongeante sur le couloir de roche
- Vasques intermédiaires : la section médiane du sentier traverse la partie la plus étroite de la gorge, où la rivière a creusé des chenaux de pierre lisse et où la couleur de l’eau est la plus intense
- Feuillages d’automne : la combinaison d’érables en surplomb et d’eaux vives fait de la gorge l’un des plus beaux spots d’automne de Nara — fin octobre à mi-novembre
🏔️ Le plateau d’Odaigahara — forêt de nuages et marche alpine
Accès : bus depuis Kashihara-jingumae ou la gare de Yamato-Yagi (env. 3 heures — service peu fréquent, vérifiez soigneusement l’horaire) ; ou voiture de location/taxi depuis la zone de Kashihara Altitude : 1 695 m | Meilleure saison : fin juin à octobre (enneigé en hiver) Sentier : plusieurs options de 2 heures à des circuits d’une journée
Le plateau d’Odaigahara est l’un des endroits les plus pluvieux du Japon — recevant plus de 4 000 mm de précipitations annuelles — ce qui a produit une remarquable forêt de nuages montagnarde de conifères couverts de mousse, de bambous nains et de conifères de type Sitka en permanence drapés de brume. Le plateau se trouve à l’intersection des chaînes de Yoshino et de Kumano et fait partie de la zone du patrimoine mondial de l’UNESCO Yoshino-Kumano.
Le sentier principal depuis le centre d’accueil d’Odaigahara au sommet du plateau suit la crête à travers le circuit du Nishi-no-Take (pic ouest) — environ 4 heures — avec des vues, par temps clair, s’étendant à travers la péninsule de Kii jusqu’à l’océan Pacifique. La cascade de Shishigase (accessible en 2 heures aller-retour depuis le parking) tombe de 30 mètres dans un fond de vallée parsemé de rochers.
L’atmosphère : même en août, Odaigahara est frais (15–18 °C) et fréquemment brumeux. La forêt de nuages — arbres anciens couverts de mousse, racines noueuses, le bruit de l’eau qui goutte — a une qualité étrange et primitive. Elle ne ressemble en rien au reste de la préfecture de Nara.
🚣 La gorge de Dorokyo — croisière fluviale à travers la nature sauvage de montagne
Accès : bus depuis la zone de Totsugawa ou depuis Shingu (Wakayama) — nécessite une planification ; Shingu est accessible par les croisières spéciales Kinki Nippon Tourist ou par bus depuis la gare JR Shingu (ligne Nanki Shirahama) Durée : croisière de 3 heures (vers l’aval) | Saison : avril–novembre
La gorge de Dorokyo sur la rivière Kitayama, dans le sud de Nara/nord de la préfecture de Mie, est l’une des gorges fluviales les plus spectaculaires du Japon : parois rocheuses abruptes s’élevant à 100 mètres de l’eau, forêts de cèdres anciennes accrochées aux falaises verticales, et une rivière navigable seulement par des bateaux de bois à fond plat (yakatabune). La croisière de 3 heures vers l’aval depuis le terminal des bateaux de Dorokyo vous mène sur toute la longueur de la gorge, avec des arrêts à des points de vue spectaculaires.
C’est une nature sauvage reculée et sérieuse. Le canyon était largement inaccessible par voie terrestre jusqu’à la construction récente de routes, et la rivière reste la manière la plus atmosphérique de le découvrir. Combinée à la zone thermale de Totsugawa (plus en amont, même système fluvial), Dorokyo constitue la pièce maîtresse d’un itinéraire de 2 nuits dans le sud de Nara.
🌾 Les hautes terres de Soni — herbe de la pampa d’automne
Accès : bus depuis la gare de Haibara (ligne Kintetsu Osaka, 50 min de Yamato-Yagi) — vérifiez l’horaire des bus, service limité Meilleure saison : fin septembre à mi-octobre Altitude : environ 900 m
Les hautes terres de Soni (曽爾高原) sont le paysage d’automne le plus photogénique de Nara : un vaste plateau de montagne couvert d'herbe de la pampa ススキ (susuki) qui vire à l’or et à l’argent fin septembre, ondulant dans le vent des hauteurs sur fond de pics rocheux spectaculaires. Le plateau est relativement inconnu hors du Japon et pratiquement vide de visiteurs étrangers.
L’observation est la meilleure au coucher du soleil, quand le contre-jour transforme les épis d’herbe en argent lumineux. La marche modérée en montée jusqu’à la zone d’observation principale prend 20 minutes depuis l’arrêt de bus. Un circuit plus large autour du plateau et par-dessus le pic de Kameyama (849 m) prend 2–3 heures et traverse une forêt ancienne.
🌋 Le mont Wakakusa — colline accessible en ville avec brûlage annuel
Accès : 30 min à pied de Todai-ji / Kasuga Taisha ; ou courte marche depuis le bord du parc de Nara Entrée : 150 ¥ | Ouvert : fin janvier à novembre (fermé en hiver hors saison de brûlage) Hauteur : 342 m, environ 45 min jusqu’au sommet
Le mont Wakakusa est le versant ouvert distinctif du parc de Nara — une crête couverte d’herbe qui donne au parc sa profondeur visuelle vu depuis la pagode de Kofuku-ji. La montée de 45 minutes jusqu’au sommet offre une vue panoramique sur la plaine du Yamato, la ville de Nara et, par temps clair, les montagnes de la préfecture d’Osaka. Les cerfs paissent librement sur les pentes.
Chaque janvier, tout le versant est brûlé cérémonieusement (Wakakusayama Yaki) — l’un des événements de feu les plus spectaculaires du Japon, visible depuis une grande partie de la ville de Nara. Le brûlage a lieu un samedi de mi-janvier ; les flammes de nuit sont vives depuis le parc en contrebas. Voir le guide des événements pour les détails.